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Coeur d'Albatre- Chapitre III

Coeur d'Albatre- Chapitre III
3

Indéniablement, Albatre faisait des efforts. Elle ne se plaignait plus de la présence de Raphaël et discutait avec lui de temps à autre.
Parfois, un reste d'hostilité, n'ayant aucune raison apparente, remontait à la surface.
Cela se produisait quand Albatre fixait Raphaël au petit déjeuner, quand elle l'écoutait parler avec attention. Elle masquait alors ce sentiment furtif, et personne ne remarquait rien.
Clarisse se réjouissait de cette nouvelle entente cordiale, n'ayant plus à choisir entre sa s½ur et Raphaël.
Albatre la surpris entrain de chantonner au salon.
-- Te voilà de bien bonne humeur !
Clarisse resplendissait dans sa robe d'été à fleurs.
-- Raphaël m'a invité à dîner ce soir...
Elle gardait les yeux baissés, un peu gênée.
-- Tu ne te sentiras pas trop abandonnée ?demanda-t-elle.
Albatre éclata de rire.
-- Vis ta vie Clarisse...Je vais manger une pizza caoutchouteuse devant un DVD, ce n'est sans doute pas très glorieux, mais je survivrai.
Sa s½ur la prit dans ses bras.
-- Tu es la meilleure !

Raphaël avait allumé des bougies et rangé son appartement, comme il le pouvait. Il avait l'impression d'avoir atteint un certain équilibre.
Il ne comprenait toujours pas Albatre mais ils avaient des discutions intéressantes. Tout était parfait avec Clarisse, alors, que pouvait-il espérer de plus ?
On sonna et il s'empressa d'aller ouvrir, un sourire courant sur ses lèvres.
- Quelle classe ! S'exclama Clarisse en le voyant.
Raphaël la prit par la main et la conduisit jusqu'à la table, décorée de chandelles roses.
-- Je voulais que tu vois à quel point tout est magique entre nous.
Ils commencèrent à s'embrasser. Leur horizon s'éclaircissait, ils n'avaient plus qu'à profiter du moment présent.

Albatre, élégamment affalée sur le canapé, regardait un film d'action. Elle fixait l'écran mais son esprit était ailleurs.
Elle ne savait pas où exactement, mais cela la rendait mal à l'aise et nostalgique.
Albatre n'aimait pas analyser ses émotions, elle se contentait de les vivre, en en étant surprise parfois.
Elle perdit pied au moment où un gigantesque accident sur une autoroute Américaine blessait le personnage principal. Dès ce moment, ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes et elle s'endormit.
Elle ne s'en rendit pas compte car le film continuait dans sa tête sous la forme d'un rêve.
Le héros du film n'était plus blond et il avait pris le visage de Raphaël.
Il sauta d'un camion en marche roulant sur le Golden Gate. Une fois dans l'eau il nagea jusqu'à une petite île- ce qui lui aurait été techniquement impossible dans le film- et se retrouva dans une chaumière où une jeune femme se jetait à son cou.
Albatre eut du mal à distinguer cette femme...Quand Raphaël avait passé la porte, c'était Clarisse, mais maintenant qu'elle l'enlaçait, elle avait pris les traits d'Albatre.
Elle se réveilla en sursaut et regarda autour d'elle, pour vérifier qu'elle était seule.
-- Quel rêve stupide ! S'exclama-t-elle quand elle fut rassurée.

Parce qu'elle avait fait, ce qu'elle considérait comme une sorte de cauchemar, Albatre fut assez distante avec Raphael dans les jours qui suivirent.
Elle s'esquivait aussi vite qu'elle pouvait et ne lui répondait que par un mot quand il lui posait une question.
Elle crut d'abord qu'il ne le remarquait pas, puisqu'il n'abordait pas le sujet. Il discutait surtout avec Clarisse et ne relevait pas souvent sa présence.
Un mercredi après-midi pourtant, il vint à l'appartement.
-- Clarisse n'est pas là...dit Albatre en entrouvrant la porte.
-- C'est toi que je voulais voir...
Il vit ses yeux s'agrandirent de surprise.
-- Entre alors.
Ils s'assirent l'un en face de l'autre, à la petite table de la cuisine.
-- Je vais te parler sans détour...commençât-il. Je croyais...que ça s'était arrangé, que tu m'appréciais un petit peu ou que tu faisais semblant depuis quelques temps. Mais tu es redevenue...hostile.
Albatre voulut protester.
-- Tu essayes de le cacher, mais c'est à peine si tu me parles, pourquoi donc ?
-- Je...
Elle prit conscience du ridicule qu'il y avait à prendre ses distances avec une personne uniquement à cause d'un rêve.
-- C'est vraiment stupide...Raphaël, un malentendu. Je m'excuse si j'ai été distante.
Elle lui sourit franchement et il ne protesta pas.
Albatre avait une fraîcheur et une sympathie qui n'était plus feinte.
Elle se dirigea vers le congélateur.
-- Dis, tu veux une glace ?
Raphaël la fixa.
-- Pardon ?
-- C'est l'été, il fait chaud, donc, tu veux une glace ?
-- C'est pas de refus !
Albatre sortit deux cônes au chocolat. Raphaël lui devenait plus sympathique et cette idée l'amusait.
-- Très bonne idée la glace dit-il de but en blanc.
Albatre éclata d'un rire moqueur.
-- Tu as du chocolat partout...remarqua-t-elle.
Raphaël en avait sur le bout du nez et sur le menton.
-- Merde...C'est toujours comme ça quand je mange une glace. Ce n'est pas très sérieux à mon âge !
Albatre fut pour la première fois curieuse de savoir quel âge il pouvait avoir.
Elle lui aurait donné entre vingt-cinq et trente ans mais ce n'était pas facile à deviner.
-- Quel âge as-tu ?osa-t-elle.
-- Clarisse ne te l'a pas dit ? Aurait-elle honte de sortir avec un homme plus jeune qu'elle ? Je vais sur mes vingt-huit ans...
-- Quel vieillard ! Plaisanta-t-elle.

Quand Raphael partit, Albatre fut surprise de se rendre compte qu'ils pouvaient bien s'entendre et plaisanter comme des amis.
Elle relégua son rêve, aux oubliettes de sa mémoire et fit définitivement une croix sur ce qu'elle reprochait à Raphaël.
Clarisse rentra en soufflant. Elle pestait contre l'obligation de travailler par une telle chaleur.
Elle s'arrêta à la cuisine et haussa les sourcils.
-- Eh bien tu t'es régalée...
-- Je n'ai pas mangé les deux glaces ! L'autre était pour Raphaël.
Clarisse cligna des yeux, elle n'était pas sûre d'avoir bien compris.
-- Répète moi ça...
-- Il est passé me voir, on a discuté, et mangé une glace, c'est interdit ?
-- Non bien sûr...Mais ce n'est pas comme si vous étiez les meilleurs amis du monde.
Albatre se contenta de lui faire une grimace.
Le mois d'août débutait. Clarisse avait désormais quatre semaines de vacances.
Elle et Raphaël organisèrent donc une journée à la mer.
-- C'est moi qui conduirais ! Trancha Raphaël. Et tout devrait bien se passer cette fois...
Il était le chef de troupe et dégageait une assurance indiscutable.

Effectivement, ils arrivèrent à la plage, sous un soleil écrasant. Albatre ne reconnut pas le rivage qui avait été le théâtre de son anniversaire raté.
Raphaël trouva la jeune fille transformée, à l'image de la plage. Ils discutaient de tout et de rien, riaient, sous l'½il bienveillant de Clarisse.
-- On fait la course jusqu'à l'eau ? Proposa Albatre.
Sa s½ur préféra rester bronzer, mais Raphael releva le défi.
Ce fut lui qui gagna la course, malgré l'avance qu'il avait laissée à Albatre et pour se venger, celle-ci le fit tomber dans les vagues.
-- Mauvaise perdante ! S'exclama-t-il en recrachant l'eau qu'il avait avalée.
-- Tu aurais du me laisser gagner...riposta-t-elle.
Elle se mit à fendre l'eau en crawl, mais sentit quelque chose l'attraper par la jambe et cria.
-- Ce n'est que moi ! Dit Raphael en s'esclaffant.
-- Tu m'as fait peur !
Elle avait l'air vraiment effrayée. Il s'inquiéta.
-- Désolé Albatre...
Elle lui enfonça la tête sous l'eau.
-- Je t'ai eu !
Il la prit par le poignet.
-- Tu vas le payer ma petite...
Ils se battirent en riant comme des enfants, s'éclaboussant au passage.
-- Vous avez bien fait les fous...dit Clarisse avec une nuance de reproches quand ils revinrent au parasol.
-- Ta s½ur est une vraie furie ! Plaisanta Raphael.
-- Surtout une vraie gamine...corrigea Clarisse.
Albatre fronça les sourcils mais ne dit rien.
Sa s½ur semblait vexée d'avoir été mise à l'écart, mais Albatre ne comprenait pas pourquoi. Dès qu'il était sorti de l'eau, Raphael s'était de nouveau complètement consacré à elle. Il s'était allongé près de Clarisse, la tête sur ses genoux.
Albatre laissa son regard errer sur Raphael. Pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, il lui apparut vraiment beau, une aura d'attraction flottant autour de lui.
Albatre baissa brusquement les yeux, comme prise en faute. Qu'éprouvait-elle désormais ?
Elle s'allongea au soleil, ferma les yeux et enfouit ses dernières pensées loin dans le sable.
Les yeux mi-clos, Raphael regardait Albatre. Son regard s'était posée sur elle, comme il se serait posé sur les vagues ou le sable. Elle était complexe, passant d'une joie intense à un mutisme rêveur. Il la compara à sa s½ur qui quelque soit ses humeurs, restait fidèle à elle-même.
Clarisse, caressant les cheveux de Raphael, contemplait son bonheur. Ses doigts se mirent à tracer le contours de sa mâchoire à caresser la peau brune du visage.
Raphael leva les yeux vers elle et lui fit un sourire tendre.
A ce moment, ils étaient tous les trois heureux, sous le soleil.

Albatre se sentait bien. Les vacances passaient, lentement, paisiblement. Elle s'entendait de mieux en mieux avec Raphael, sans savoir pourquoi. Son hostilité s'était muée en complicité. Clarisse partageait son temps entre l'un et l'autre où les deux en même temps.
Albatre ne voulait pas se poser de question sur sa relation avec Raphael, pourtant, cela commençait à la troubler. Lorsqu'elle le regardait dans les yeux, lorsqu'elle admirait sa personnalité qu'elle avait longuement dénigrée, elle avait l'impression de trahir sa s½ur.
-- A quoi penses-tu ? Lui demanda gentiment Clarisse.
Toutes les deux dans la salle à manger, elles regardaient distraitement la télé.
-- A rien de spécial...mentit Albatre.
-- Dis moi Albatre...Est-ce que ça te gênerai que je me marie avec Raphael ?
Albatre sursauta.
- Pourquoi est-ce que ça me gênerai ? Il t'as demandé de l'épouser ?
-- Il ne me l'a pas proposé explicitement...mais...
Albatre se força à sourire.
-- C'est cool alors...J'apprécie Raphael et si ça vous rend heureux.
Une fois seule dans sa chambre, Albatre donna libre cours à ses pensées. Malgré ce qu'elle avait dit à sa s½ur, imaginer le mariage de Clarisse et Raphael ne l'enchantait pas. Elle aurait voulu savoir si Raphael avait vraiment des intentions aussi sérieuses. C'était étranger, comme les choses pouvaient changer en peu de temps. Albatre se demandait quel était le rôle de Raphael dans sa vie, quel était son rôle à elle dans la vie de Raphael ?

Des cris retentissaient dans l'appartement. Albatre se figea sur le pas de la porte. Le bruit venait de la chambre de Clarisse, des éclats de voix de plus en plus forts.
-- ...c'est ce que tu penses ? Que j'ai été stupide de songer à ça ? Toute femme rêve de se marier !
Albatre entra dans sa chambre et se plaqua contre la cloison.
-- Je n'ai pas dit que je ne t'épouserai pas...Je trouve qu'il est trop tôt...
Il y eut un chuchotement qu'Albatre ne put interpréter.
-- Un an...un an que l'on se connaît ! Je n'attendrais pas toute ma vie !
Albatre s'en voulait d'écouter. Elle se sentait déloyale. A l'écoute de ces phrases, des sentiments flous, ambigus l'envahissaient.
Elle ne voulait pas qu'ils se disputent, mais au fond d'elle, peut-être se réjouissait-elle ?
-- Nous sommes encore jeunes Clarisse ! Tout se passe si bien en ce moment pour nous, qu'est-ce qu'un mariage apporterait de plus ?
-- Quel égoïste tu fais Raphael ! Si cela te convient, moi plus !
La porte de la chambre claqua violemment. Sans réfléchir, Albatre sortit en silence et se précipita dehors. Sous le coup d'une impulsion incontrôlable, elle suivait Raphael dans la rue.
Albatre s'en voulait, mais elle ne quittait pas Raphael du regard. Elle était éperdue de désespoir de ne pouvoir se contrôler.
Il marchait vite, sans doute au hasard et Albatre s'essoufflait. Son pouls battait très fort, et elle commença à courir pour ne pas le perdre de vue.
Albatre ressentait un sentiment proche de la haine, face à son impuissance à résister à Raphael. Son aversion pour lui s'était teinté d'une fascination sans limites. La nuit commençait à tomber.
Raphael s'arrêta devant un bar.
Albatre décida de saisir cette occasion.
-- Raphael !
Son cri résonna, comme un appel désespéré. Il chercha, qui l'appelait ainsi. Qui l'appelait avec cette résonance passionnée.
Elle approcha en frissonnant.
-- Albatre ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Les yeux noirs de la jeune fille reflétaient de l'agitation.
-- J'ai tout entendu, entre toi et Clarisse...
Raphael fronça les sourcils.
-- Tu m'as suivi ?
-- Je suis désolée. Je ne sais pas pourquoi je l'ai fait, mais je devais le faire !
Il sourit avec indulgence.
-- Tu étais inquiète, c'est ça ?
-- Je ne suis pas une enfant. Votre différend n'est pas des moindres...et je ne sais pas ce que je crains...
-- Je sais que tu es très lucide Albatre, mais ce n'est pas à toi de régler nos problèmes de couple.
-- Je ne pense pas pouvoir régler quoi que ce soit...Je ne sais même pas ce que je fais là.
Pour la première fois, Raphael voyait Albatre comme une adulte. Était-ce la détermination qui brillait dans ses yeux ou le ton de sa voix, il ne le savait pas...
-- Puisque tu es ici...Si on se promenait ?
Albatre hocha la tête avec surprise.
Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise cela, mais cela lui faisait plaisir. Un plaisir dont elle se sentait coupable vis-à-vis de Clarisse.
Ils prirent la direction des quais. L'air était chaud, et de nombreux passants flânaient. La plupart d'entre eux étaient des couples, qui marchaient serrés l'un contre l'autre.
-- Est-ce que tu ne veux pas épouser Clarisse ? S'inquiéta Albatre.
-- Que dois-je répondre à cela ? Tout n'est pas si simple...
-- C'est simple. Il faut répondre oui ou non. Si tu l'aimes, je ne pense pas que ça te gênerai de l'épouser. Si tu l'aimes...
Raphael saisit Albatre par le bras.
-- Pourquoi tout ces si...Je l'aime !
-- Prouve lui, dis lui que tu fera n'importe quoi pour elle...
Albatre était mal à l'aise, sa rage lui intimait de se taire. Mais tant de contradictions flottaient en elle, qu'elle ne pouvait s'empêcher de parler.
-- Je ne devrais pas te donner de leçon...Je m'emporte, mais je veux que Clarisse soit heureuse !
-- Ta franchise et ta vivacité m'enchantent toujours Albatre...Je montrerai à Clarisse combien c'est sérieux entre nous...Mais je ne veux pas retourner la voir ce soir.
-- On se promène alors ? Je te promets que je défendrai ta cause quand tu iras voir Clarisse !
-- Qui aurait cru nous voir ainsi ? Demanda Raphael. Nous baladant paisiblement...Me détestes tu encore un peu Albatre ?
Elle sentit son c½ur prendre une accélération effrénée.
-- Je n'ai pas de raisons de te détester...Du moins je n'en ai plus.
Ils étaient au bord du fleuve, qui reflétait la lune décroissante.
Le portable d'Albatre sonna. C'était Clarisse bien sûr.
-- Ne m'attends pas ce soir dit Albatre, je dors chez une copine.
-- Je ne cautionne pas tes mensonges Albatre ! Lui reprocha Raphael.
Elle passa son bras sous le sien.
-- J'ai envie de marcher éternellement, ne m'en veux pas...
Il soupirait devant tant d'enthousiasme. Albatre était différente, pleine de surprises...Il regretta cette pensée mais la laissa s'appuyer sur lui.
-- Quels étaient tes rêves, quand tu avais mon âge ?
Raphael réfléchit un instant.
-- Je voulais...vieillir. J'étais mal dans ma peau et j'imaginais ma vie future. Une vie parfaite que je me serai forgée...
-- Et maintenant, c'est comme tu l'imaginais ?
-- Plus ou moins...mais si la vie devenait comme on l'a toujours souhaité, ne serait-ce pas monotone ?
Albatre avait mal. Mal de vouloir faire durer cet instant toujours.
-- Moi je ne veux pas rêver ma vie ! J'aime le hasard, les imprévus...
Ils se trouvèrent devant un banc et s'assirent.
- Tu n'as pas beaucoup aimé notre rencontre imprévue pourtant !
Albatre eut un sourire mutin.
- On n'est pas toujours comme on le dit...
- Qui es-tu vraiment alors ?
- Je ne le sais pas moi-même...peut-être suis-je Albatre ?
Raphael souriait, il avait l'impression de vivre un instant irréel, assis sur ce banc avec Albatre, en pleine nuit.
-- Et puis l'image que tu as de moi n'est sûrement qu'un reflet, peut-être illusoire de ce que je suis vraiment...
-- Je ne te savais pas si réfléchie. S'amusa-t-il, l'admirant malgré lui.
-- Je ne suis pas la même la nuit et le jour sans doute...
Ils gardèrent le silence, quelques instants.
-- Raphael ? L'interpella Albatre.
-- Oui ?
-- J'aimerais bien...qu'on se fasse une promesse...
-- Une promesse ?
Albatre le regarda droit dans les yeux.
-- Si dans un an...nos chemins se sont séparés, ou que ça se passe mal avec Clarisse...bref si je ne devais plus te voir, je voudrais qu'on se retrouve à cet endroit. Un an jour pour jour.
Raphael dont les pensées tourbillonnaient, trouva cette requête un peu naïve.
Qui pouvait dire où ils se trouveraient dans un an et s'ils penseraient encore à cette nuit ? Mais il accepta.
-- One se serre la main ?proposa-t-il.
Albatre devait garder longtemps le souvenir de cette poignée de main, qui la marqua comme au fer rouge.
Ils ne surent à quel moment ils s'étaient endormis, mais quand ils ouvrirent à nouveau les yeux, il commençait à faire jour.
-- Quelle heure est-il ? S'exclama Albatre en se levant.
Raphael bailla l'air amusé.
-- Relax...Il est 5H30, si tu dors chez une copine, tu ne peux pas rentrer si tôt...
Albatre lui frappa l'épaule.
-- C'est ça moque toi de moi !
Elle massa son cou qui était douloureux et ralluma son portable.
-- Mal dormi ?
Raphael était toujours assis, l'air tranquille, les bras nonchalamment posés sur le dos du banc.
-- Ton épaule n'est pas du tout confortable...lui reprocha Albatre
-- Eh bien mademoiselle n'est pas du matin !
En fait Albatre était furieuse contre elle-même, furieuse de ne pas vouloir quitter Raphael.
-- Je vais renter annonça-t-elle. J'ai besoin de dormir...
-- D'accord.
Ils se regardèrent en chien de faïence. Albatre se mit à marcher, se forçant à ne pas se retourner.
-- Je n'oublie pas notre promesse ! Cria Raphael quand elle fut à petit distance.
Albatre s'arrêta. Elle se rendit compte, qu'elle était tombée amoureuse de Raphael.

# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:44

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