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Sonnée par sa constatation, Albatre rentra chez elle en longeant les quais.
Elle n'osait pas formuler à voix haute la pensée qui la tourmentait. Non elle ne pouvait pas être amoureuse de Raphael !
C'était impossible...car Albatre trouvait Raphael trop...trop franc, trop vieux, trop dérangeant.
Il était tout le temps si calme, si tranquille, si sûr de lui !
Au cri de Raphael, elle ne s'était pas retournée, effrayée par le pouvoir de sa voix, elle s'était remise à marcher, respirant avec difficulté.
Pourtant c'était si limpide, si elle avait ressenti tant d'aversion pour lui, c'était pour se protéger...
Albatre se demanda comment elle avait pu arriver chez elle avec une telle agitation.
Elle revoyait tous les moments passés avec lui, à rire, à plaisanter et elle se sentait gênée. Cela devait sauter aux yeux, elle s'était tout le temps trahie, avant de le savoir elle-même. Et s'il avait remarqué quelque chose ?
Albatre entra dans sa chambre à pas de loups et s'appuya contre le mur. Elle ferma les yeux et essaya de cesser de penser.
-- Tu as des cernes affreux...lui fit remarquer Clarisse quand elle alla prendre son petit déjeuner.
-- Je sais que tu t'es disputée avec Raphael...Je vous ai entendu en rentrant hier soir. C'est pour ça que j'ai dormi chez Lucile.
Clarisse qui préparait un thé se figea.
-- Il ne faut pas que tu te préoccupes de ça Albatre...Je ne sais pas ce que tu as entendu, mais ce n'était pas si grave.
Albatre prit une inspiration.
-- Il faut que vous vous réconciliez, c'est urgent !
Sa s½ur cligna des yeux.
-- Pourquoi cet empressement ?
-- Vous êtes...parfaits ensemble, c'est tout.
Clarisse sourit, amusée par l'air grave d'Albatre.
-- Alors que faut-il que je fasse selon toi ?
-- On dit que la nuit porte conseil, alors appelle le...
Clarisse suivit les conseils de sa petite s½ur et fut étonné que cela marche si bien. Quand elle appela Raphael, il avait une voix un peu étrange mais il lui fit des excuses et accepta les siennes.
Albatre se cloîtra dans sa chambre, au téléphone avec sa meilleure amie.
La journée était oppressante. L'air était lourd et chaud, des nuages noirs s'amassaient dans le ciel. Un orage d'août n'aillait pas tarder à éclater.
Raphael, en montant l'escalier pour aller chez les deux s½urs était moins assuré que d'habitude. Il savait qu'Albatre avait une responsabilité certaine dans l'appel de Clarisse. Elle lui avait promis de l'aider et l'avait fait. Soudain, il ne comprenait plus ses motivations, les avait-il jamais comprises d'ailleurs ?
En rentrant à pied chez lui au petit matin, sans témoins, il s'était senti libre. Il avait passé une nuit irréelle
Clarisse se jeta dans ses bras. Elle semblait avoir tout oublié, et leur relation reprenait son cours idyllique...
Albatre les avaient laissé se retrouver en tête à tête. Elle essayait de ne pas être rongée par l'envie de voir Raphael. Elle l'avait vu le matin même, cela pouvait lui suffire...
-- Albatre ! Cria Clarisse depuis le salon.
Albatre avançait sur un terrain miné, elle se força à sourire, quand elle entra dans la même pièce qu'eux.
-- Tout est redevenu comme avant, et c'est un peu grâce à toi...dit Clarisse en passant son bras autour des épaules de sa s½ur.
Elle tenait Raphael par la main. Albatre croisa le regard du jeune homme. Il la fixa une seconde et lui sourit, complice.
Albatre tourna la tête, elle étouffait, son c½ur brûlait.
-- Clarisse...je voudrais partir en Angleterre annonça-t-elle.
-- Quoi ?
-- Lucile m'a invité là-bas. Elle a une tante qui vit près de Londres. Est-ce que tu es d'accord ?
Clarisse resta muette un instant.
-- Il faut que j'appelle sa mère alors...Mais puisque tu es obligée de passer tes vacances en ville à cause de mon travail...ça te fera du bien de t'aérer. Combien de temps ça durera ?
-- Une semaine...
Albatre était vraiment heureuse de pouvoir partir. Loin de tout ce qu'elle connaissait et loin de Raphael, elle pourrait vivre sa vie...
-- Tu nous enverras tout de même une carte postale ! Plaisanta Raphael.
-- Bien sûr. Affirma-t-elle sans conviction.
Elle voulait l'effacer de sa vue, de ses pensées. Elle voulait qu'il n'existe plus, mais elle ne pouvait pas le tuer.
Alors Albatre partirait.
Tout sembla s'arranger parfaitement pour qu'Albatre quitte la France. La mère de Lucile expliqua tout les détails du voyage à Clarisse et lui assura que tout se passerai bien. Les deux jeunes filles logeraient chez Marjorie Altman, la s½ur du père de Lucile, dans une banlieue de Londres.
Clarisse et Raphael se voyaient surtout à l'extérieur et avant son départ, Albatre ne devait pas le revoir plus de deux fois.
Elle partit un mercredi matin. A son grand étonnement, Raphael proposa de la conduire à l'aéroport.
Clarisse, trop triste de se séparer de sa petite s½ur, lui dit au revoir à l'appartement et la vit monter dans la voiture en pleurant.
-- C'est gentil de m'emmener mais j'aurai pu prendre un taxi...souffla Albatre quand ils furent partis.
-- C'est trop impersonnel un taxi, tu ne trouves pas ? Demanda-t-il.
Albatre aurait accepté n'importe quel moyen de transport, pourvu qu'il soit impersonnel.
-- J'aime bien prendre un taxi dit Albatre. Ça signifie que l'on part vraiment...
Raphael fixait son reflet dans le rétroviseur.
-- Et puis Albatre, je devais un peu te remercier...pour ce que tu as fait pour moi et Clarisse.
-- Ce n'était rien...Alors...vous allez vous marier ?
-- Je ne crois pas...Mais Clarisse me dit que ça ne compte plus pour elle.
-- Elle ment. Mais c'est parce qu'elle t'aime.
Leurs regards se croisaient dans le reflet s'étudiant avec attention.
-- J'ai peur qu'on ai un embouteillage...soupira-t-il.
-- Tourne à gauche dit Albatre.
Il le fit et déboucha sur une ruelle puis sur un boulevard vide.
-- C'est de la magie...
Albatre sourit.
-- C'est le raccourci préféré de Clarisse...Est-ce que tu es déjà en Angleterre ?
-- Oui. C'est trop brumeux à mon goût. Mais je crois que tu ne t'ennuieras pas à Londres.
Il sembla à Albatre qu'il y avait de l'amertume dans sa voix. Elle rêvait sûrement.
-- Il faudra que tu t'occupes bien de ma s½ur pendant mon absence ! Le menaça-t-elle.
-- Pour qui me prends-tu petite peste ?
Ils éclatèrent tout les deux de rire. Raphael redevint grave.
-- Je te le jure Albatre, je vais rendre ta s½ur heureuse.
Même si ce n'était que des mots, elle ne le savait que trop bien et c'était ça qui la blessait.
Albatre arriva à l'aéroport, habitée de sentiments contradictoires. Elle ne voulait plus partir, puis regardant Raphael, elle se maudissait d'être faible. D'être à la merci d'un simple regard, un regard dans lequel elle ne lisait rien de particulier.
-- Eh bien c'est le moment des adieux déchirants...conclut-t-elle, sa valise à la main au moment d'embarquer.
-- Au revoir Albatre...lâcha-t-il, l'air peiné.
Pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, ils se firent la bise. Albatre s'éloigna précipitamment, une sensation de brûlure sur la joue.
Elle se sentait désespérée comme si en Angleterre, elle n'allait trouver que mort et désolation.
Lucile la rejoignit dans le couloir d'embarquement, toute joyeuse. Albatre masqua sa tristesse et elle se retourna, Raphael partait d'un pas nonchalant. Il l'avait sûrement déjà oubliée.
Dans l'avion, assise côté fenêtre Albatre était noyée dans ses pensées. Elle avait mis ses écouteurs, pour ne pas avoir à parler et ne quittait pas le hublot des yeux.
Lucile l'observait avec inquiétude, mais ne voulait pas la déranger. Albatre ne voyait pas le ciel qui défilait sous ses yeux...elle ne voyait que le visage de Raphael, et plus elle voulait le chasser, plus il revenait.
Elle voyait les détails de ses attitudes, tout ce qu'elle croyait ne pas avoir remarqué.
Albatre décida q'une fois arrivée, elle l'oublierait. Loin des yeux, loin du c½ur.
La tante de Lucile, Marjorie Altman avait trente-neuf ans. Elle vivait seule avec son fils depuis son divorce. Elle accueillit Lucile et sa meilleure amie avec sympathie.
Le cousin de Lucile était un enfant de deux ans, aux moues irrésistibles, qui vit d'un très bon ½il l'arrivée de deux nouvelles admiratrices.
Après avoir posé ses bagages, Albatre se sentit plus légère. Elle était en terre inconnue, et ne devait plus se soucier que de s'amuser.
Elle avait une chambre pour elle toute seule, peinte en bleu et assez étroite, mais donnant sur le jardin.
L'enthousiasme de Lucile la gagna bientôt.
-- Demain c'est shopping à London ! S'exclama-t-elle en saisissant le bras de sa meilleure amie.
Le repas du soir, qu'elles furent obligées de prendre avec Mrs Altman, fut assez formel au début, puis après que le petit Danny eut jeté sa purée sur sa mère, l'atmosphère se détendit largement.
-- Albatre, je n'avais jamais entendu ce prénom auparavant remarqua la maîtresse de maison avec son fort accent Britannique.
-- Oh...c'était une idée de mon père, il était minéralogiste, il adorait cette roche...
Lucile n'entendait pas souvent Albatre parler de ses parents, elle essaya de dissuader sa tante de poser plus de questions. Mais Mrs Altman ne comprit pas le regard que lui lançait sa nièce.
-- Vos parents sont...décédés je crois ?
-- Oui.
-- C'est affreux. Vous êtes encore si jeune...
Albatre serra les lèvres.
Heureusement, l'Anglaise changea de sujet et proposa à tout le monde de se resservir de la tarte.
Puis Albatre et Lucile passèrent le rester de la soirée devant la télévision, regardèrent une émission de télé-réalité dont-elles n'avaient pas vraiment compris les règles.
Pour sa première nuit à l'étranger, Albatre dormit d'un sommeil sans rêves. Avant de se coucher, elle avait éloigné de toutes ses forces la pensée de Raphael et ça avait marché.
Dans les jours qui suivirent, Albatre n'eut pas le temps de penser à beaucoup de choses. Elle sortait tout les jours et faisait des allers retours permanents entre Londres et la banlieue.
Marjorie qui devait s'occuper de Danny et qui refusait de le mettre à la crèche, confia Lucile et Albatre à sa meilleure amie, Celia. Elle se méfiait des transports en commun, d'autant plus que les jeunes filles ne connaissaient pas le système anglais.
Celia était par rapport à Marjorie Altman- excentrique. Ses cheveux noirs comportaient des mèches violettes et elle chantait dans un pub, les samedi soir.
Mariée et mère de deux enfants, elle présenta à Albatre et Lucile, son fils Tom, vingt ans et sa fille Kitty, neuf ans.
-- Il faudra qu'on aille te voir chanter ! Proposa Lucile à Celia.
-- Of course ! S'exclama-t-elle en riant. Ce samedi je chanterai au Bluebell Diary...Je dirai à Tom de vous y emmener...
Lucile eut un sourire en coin, qu'Albatre ne manqua pas de remarquer.
Blond et calme, Tom était charismatique et plaisait à Albatre comme à Lucile.
Albatre surtout était ravie de penser à quelqu'un d'autre qu'à Raphael. Elle vivait sans lui, elle n'avait pas besoin de sa présence pour vivre.
Lucile traînait sa meilleure amie dans les magasins, elles couraient au bord de la Tamise, aux puces de Camden Town, elles couraient tout le temps. Albatre proposa qu'elles visitent le quartier de Nothing Hill mais elles n'en eurent pas le temps.
Lucile avait acheté un sac à paillettes qu'elle emmenait partout avec elle et Albatre collectionnait les boucles d'oreilles.
Le samedi soir arriva à une vitesse folle. Elles se préparent avec fébrilité, comparant leurs tenues.
La tante de Lucile apparut sur le pas de la porte de la salle de bain où elles s'examinaient dans la glace. Danny était dans ses bras.
-- Eh Little Danny s'exclama-t-elle. Dit à ces deux demoiselles comme elles sont jolies !
Le petit garçon leur tira la langue, content de lui.
-- Merci Danny ! Firent-elles en ch½ur.
A dix heure trente, Tom klaxonnait devant la porte. Il portait une chemise blanche légèrement ouverte et Lucile et Albatre lui firent leur plus beau sourire.
-- Hello girls, are you ready t'go ?
En acquiesçant elles montèrent dans son cabriolet.
Marjorie le menaça en anglais de lui faire subir les pires atrocités s'il n'était pas prudent avec ses protégées.
Sur la route, Albatre reçut un appel de Clarisse. Elle poussa une exclamation étouffée cela faisait un moment qu'elle ne donnait plus de nouvelles à sa s½ur...
-- Allo Clarisse ?
Sa s½ur lui reprocha de ne pas l'avoir appelée depuis jeudi et elle dut lui faire un résumé détaillé de ses journées.
Albatre faillit lâcher son portable quand elle entendit la voix de Raphael en arrière fond. Il demandait comme elle allait.
-- Je vais très bien coupa Albatre avant que Clarisse ne lui ait répété la question.
Elle était soudainement très crispée, ayant l'impression que tout ce qu'elle avait bâti pendant ces quelques jours s'était effondré.
Tom vit qu'elle avait pâli.
-- Are you okay ? demanda-t-il.
-- Yes, sure !
Plus Albatre devait affirmer qu'elle allait bien, plus c'était le contraire.
-- A qui parles-tu ? Interrogea Clarisse.
-- C'est un ami Anglais, il nous conduit à Londres voir chanter la meilleure amie de la tante de Lucile, qui est sa mère...
-- Hein ? Je ne comprends rien mais si ça t'amuses !
Le Bluebell Diary, perdu dans une ruelle sombre, avait une enseigne de bois sculptée et ressemblait à un café victorien.
-- C'est super original ! S'écria Lucile avant d'entrer.
Tom les emmena jusqu'à une petite table devant la scène. Il ne quittait pas Albatre des yeux car elle s'était renfermée depuis l'appel de sa s½ur.
-- Somebody wants a drink ?
Suite aux réponses des jeunes filles, il alla chercher trois cocas. Il aurait aimer boire autre chose mais au retour, il devait raccompagner ses invitées et sa mère, qui elle ne se priverait pas de boire.
Celia ne chantait que dans dix minutes, et en attendant, Albatre et Lucile s'extasiaient devant un numéro d'illusionniste.
Tom revint à la table en souriant. Albatre était de nouveau de bonne humeur. Il s'assit à sa gauche, et posa le bras sur le dossier de sa chaise d'un air naturel.
Lucile le vit mais ne dit rien, tandis qu'Albatre feignait de ne rien remarquer. Elle aimait bien Tom, il lui plaisait...mais pourtant, Raphael resserrait son emprise sur elle...
Faudrait-il toujours qu'il s'interpose entre elle et les autres ?
Elle essaya d'oublier ses voix intérieures et de se concentrer sur la scène. Celia venait d'arriver. Vêtue d'une robe dorée très disco, elle se tenait droite devant son micro à pied. A la grande surprise de tout le monde, elle commença par Imagine de John Lennon. Elle chantait d'une voix aigue mais juste. Le regard d'Albatre tomba sur les yeux de Celia, bleus foncés, il reflétait une grande douceur. Elle tendait les mains vers le public, plus extravagante que jamais malgré ses cheveux violets noués en chignon.
Tom était fier de sa mère, et son sourire s'agrandit encore quand Albatre prit sa main entre les siennes.
Celia chanta encore quatre chansons, puis s'arrêta sous les applaudissements par un tonitruant:
-- Now, I need a drink !
Elle descendit directement de scène, sans passer par les coulisses, relevant les pans de sa robe dorée pour descendre de l'estrade jusqu'au bar. La salle l'acclamait.
-- It was great Celia ! S'exclama Albatre.
La mère de Tom lui envoya un baiser puis se mit à siroter son verre.
Ils repartirent du Bluebell a minuit et demi, satisfaits de leur soirée.
Lucile était toujours très bavarde, mais les autres demeuraient silencieux, se contentant de regarder la route mal éclairée. Albatre se sentait libre et sans contrainte.
Tom déposa d'abord sa mère chez elle, non loin de la maison de Marjorie, puis il raccompagna les filles.
En descendant de voiture, Celia lui fit une clin d'½il puis remonta son allée, les chaussures à la main.
Lucile descendit rapidement, une fois arrivée mais lorsque Albatre voulut la suivre, elle chuchota:
-- Reste encore un peu, je crois qu'il « want talkin to you... »
Albatre éclata de rire et se rassit sans protester.
Tom se passait nerveusement la main dans les cheveux, toujours assis à l'avant. Il se tourna timidement vers Albatre.
-- Can I talk to you ?
Elle sourit.
-- Of course, Tom...
-- Well, Albatre...
Il prononçait son nom différemment, en Anglais, mais ça ne lui déplaisait pas.
-- I want to tell you that...you're such a pretty girl...I fell so si with you but, if you want, we can start to date ?
Elle le regarda un long moment. Il était tout ce qu'elle pouvait souhaiter...tout sauf Raphael.
Horrifiée par cette pensée, elle se pencha vers lui et posa ses lèvres sur les siennes. C'était agréable. Tom fut surpris mais se laissa faire de bonne grâce. Quand ils se séparèrent, il éclata de rire.
-- Oh you French girls, you are so...Hum...Can't find the word !
-- So no need to say Nothing !
Au bout d'une demi-heure, Albatre sortit de la voiture de son -nouveau- petit ami.
Elle pouvait l'aimer, elle devait l'aimer, du moins, s'en convaincre.
Elle fit un petit signe à Tom qui la regardait d'un air rêveur et rentra dans la maison.
Marjorie et Lucile l'attendaient en pyjama dans la cuisine.
-- Tom...it's the good guy ! Remarqua Lucile.
Albatre la foudroya du regard. Mais elle était plus heureuse qu'elle ne voulait le montrer.
Mrs Altman se contenta de lui reprocher de ne pas être encore prête à aller dormir, mais ses reproches sonnaient faux.
Une fois à l'étage, Albatre prit son temps pour aller dormir. L'air était doux, elle voyait les étoiles depuis sa fenêtre le monde ne lui avait jamais paru aussi vaste.
Sa volonté farouche d'être heureuse l'emportait sur ses inquiétudes La porte s'ouvrit lentement sur Lucile.
-- Tu ne dors pas encore ?
Elle souriait, gentiment narquoise.
-- Get out of here, you are too curious !
Lucile pouffa.
-- Tu ne parles même plus Français maintenant, à cause de Tom !
Albatre lui jeta un coussin mais Lucile referma la porte pour l'éviter et il retomba sur le sol.
Albatre se laissa tomber sur son lit, fermant les yeux. Puis son portable se mit à vibrer. Elle avait un nouveau message.
Albatre l'ouvrit à contrec½ur. L'expéditeur était Raphael.
Coucou Albatre,
Tu nous manques à ta s½ur et moi, on espère que tu t'es bien amusée ! Clarisse a suggéré que ce soit moi qui t'envoie le sms...c'est vrai que j'avais envie de te parler...
Bisous de Clarisse et Raph.
Albatre jeta son portable sur le matelas. Pourrait-elle oublier, et être un jour heureuse?
Son c½ur ralentirait-il un jour à la simple évocation de ce nom, Raphael ?
A Melianfool: Merci pour la correction, mon niveau d'anglais a baissé en ce moment et je ne peux même plus répondre par commentaire, mon ordi n'affiche plus les pages skyblog correctement...